mardi 24 juin 2014

« On ne peut plus envoyer nos clients en Egypte »

Ce matin, j’ai entendu à la radio le représentant des tour-opérateurs en Belgique qui faisait le bilan des réservations pour juillet et août. Eh bien, le gars, il est pratiquement aussi bon en communication que le patron de Delhaize. Dans un demi-sommeil, j’ai bien entendu cette phrase. Il a dit : "On ne peut plus envoyer nos clients en Egypte". Quelle formule ! Quel bijou ! Quelle précision! En quelques mots, il arrive à faire passer toute l’image d'un secteur. Décortiquons. 1) "On ne peut plus". Ce n’est pas qu’on ne veut plus ou qu’on ne souhaite plus vous envoyer dans un pays au bord de l’explosion, non, c’est juste parce qu’on ne "peut plus" à cause d’un avis des Affaires étrangères. Autrement, on le ferait avec plaisir. Pour 500 euros All-in, si c’était autorisé, on vous enverrait en Syrie ou en Irak ! 2) "Envoyer" Quoi ? Vous pensiez que c’était vous qui partiez en vacances ? Eh bien non, c’est eux qui vous y "envoyent". 3) "Nos clients". Ah, un petit rappel toujours utile… "Nos" clients. C'est comme le politique qui dit "nos citoyens". Vous leur appartenez. Et s’ils le "pouvaient", ils "vous enverraient" dans un pays en guerre. Là où il fait beaucoup trop chaud. Car le type précise à la fin : « On fait quand même un bon chiffre d’habitude en juillet et août en Egypte ». Sous-entendu : même avec 45 degrés à l'ombre, on trouve encore des cons prêts à partir!" 

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire