dimanche 11 août 2013

No future

Même les plus grands défenseurs de la langue française ne semblent pas s'en inquiéter, trop occupés qu'ils sont à inventer des mots de remplacement pour « Start-up » (jeune pousse) ou hashtag (mot-dièse). Et pourtant, on le voit chaque jour un peu plus : les gens écrivent « J’irais », « J’aurais », « Je mangerais » au lieu de « J’irai », « J’aurai » ou « Je mangerai » et cela dans l’indifférence la plus totale. Que se passe-t-il ? On ne peut même pas attribuer la généralisation de cette faute à la génération SMS ou Twitter, habituée à devoir écrire de plus en plus court. Le conditionnel ne fait pas gagner une lettre, au contraire. Et il ne s’agit pas simplement d’un problème d’orthographe où l’on écrirait « batô » au lieu de « bateau ». Non, cela pose de vrais problèmes de compréhension. Ecrire « demain je passerais l’aspirateur » ou « demain je passerai l’aspirateur », c’est très différent au niveau de l'engagement. Ajoutez un « bien » après « passerais » et on n’est plus du tout sûr que cela va effectivement se produire. Comme l’explique ce sociologue : « C’est peut-être là qu’il faut chercher une explication à ce glissement. Pour les jeunes, le futur est devenu tellement incertain qu’il est en train de laisser la place à un conditionnel permanent ».

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