lundi 17 juin 2013

La réalité des usines Twitter : un reportage affligeant

Après Amazon, Apple et H&M, un journaliste s'est infiltré au sein d'une usine Twitter au Bangladesh. Ce qu'il y a vu est effroyable. Derrière le petit oiseau bleu se cache une exploitation à grande échelle. Les ateliers tournent 24h/24. Les ouvriers, payés au tweet, n'ont pas de pause. Au département Retweet, ils sont plus d'un millier à l’œuvre et recopient des messages à longueur de journée. Un syndicaliste témoigne : « Si encore c'était des trucs intéressants, mais non, des débats sans fin et du blabla permanent ». Taiko, 29 ans, travaille au département « Hashtag » depuis six mois. Il est à bout : « Nous devons tout compter et rapporter très vite à l'inspecteur des Trending topics. C'est à devenir fou. Il y a eu des suicides. Mon collègue Dano s'est jeté par la fenêtre, il s'occupait du hashtag #nonmaisalloquoi. » Et puis, il faut gérer les Trolls, et attribuer les points Godwin. Plus de 10.000 par jour. Heureusement, l'indignation s'est organisée. Akio, délégué syndical : « On a obtenu l'autorisation d'envoyer des spams pour en calmer certains, ça les oblige à changer de mot de passe. Un peu de répit. Et puis, la direction a cédé sur l'orthographe. On ne doit plus s'en occuper. C'était de toute façon un combat perdu d'avance. »

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