mardi 13 novembre 2012

Gentillesse au carrefour

Aujourd’hui, c’est la journée de la gentillesse. J’ai cherché, moi aussi, à participer à ce mouvement mondial de bonté. Ce matin, au grand carrefour près de la gare du midi, j’ai croisé cet homme bossu, dont les épaules sont complètement tordues ou déboîtées, au point qu’il ne peut se vêtir correctement. Son tronc est tellement difforme qu’il laisse généralement entrevoir un dos nu, au travers d’un vieux T-shirt en guenilles. Il était là comme tous les matins, au milieu de la chaussée, se déplaçant entre les voitures à l’arrêt pour réclamer une petite pièce aux automobilistes stressés. Il doit faire vite, car le feu sera bientôt vert. Il s’arrange donc pour regagner l’îlot de béton à temps pour laisser passer les voitures qui démarrent en trombe. Tous les jours, je le vois. Et je fais presque semblant de ne pas le voir. Je n’ai jamais rien fait pour lui. Je ne lui ai jamais parlé. Au fond, je ne suis pas responsable de tous les maux de la terre. Mais ce matin, c’était différent. C’est la journée de la gentillesse. Quand il s’est approché du véhicule, je ne sais pas ce qui m’a pris. J’ai appuyé sur le bouton d’ouverture électrique de ma vitre et je lui ai parlé : « Monsieur, ne restez pas au milieu du carrefour, vous allez encore vous faire choper par une bagnole ! »

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