samedi 19 mai 2012

Commentaires d'Outre-Rien

Chaque année, nous remettons le « Prix international du commentaire politique le plus con ». 2012 n'est pas fini, mais le jury est unanime pour décerner la récompense tant convoitée à cette phrase, lue et entendue à maintes reprises depuis jeudi: « Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault parle parfaitement l’allemand, ce qui pourrait être un atout pour François Hollande dans ses relations avec Berlin ». Avouez que c’est du lourd ! D’abord, à moins que le Premier ministre ne soit désigné interprète officiel pour les sommets (auxquels il n’est d’ailleurs pas censé participer), on ne saisit pas très bien son apport. On voit mal François Hollande refuser l’oreillette et indiquer qu’il a pris son Premier avec lui pour la traduction. Et puis on n’imagine pas non plus la Chancelière déclarer : « Vous avez un Premier ministre qui parle allemand ? Ah mais ça change tout ça ! Nous allons fermer Audi et rouler uniquement en Citroën DS5 désormais… » Non sérieusement, la politique internationale, c’est compliqué. Quand on entend des journalistes de haut vol faire un tel commentaire, on se sent un peu lésé. Et même si c’était pertinent, ce que Jean-Marc « Ayrault » gagne en image côté germanique, il le perd dans les pays arabophones.

Aucun commentaire :

Enregistrer un commentaire