samedi 17 mars 2012

Une demi-heure de silence

Je viens de me rendre compte d’un truc dingue. Durant les derniers jours, suite au terrible drame de Sierre, de nombreux journaux télévisés ont été « exclusivement consacrés à ce dramatique accident ». Je ne l'invente pas: c’était même  annoncé par le présentateur lui-même au début du journal. Cela veut dire que ces jours-là, il n’y avait pas d’autres sujets traités. Oh, ce n’est pas qu’il ne s'est rien passé dans le monde. Il y a sûrement plein de trucs qui se sont produits aux quatre coins du globe. Mais pour une fois, on n’en a pas parlé. La durée du journal est à peu près toujours la même. Si un événement a une importance telle qu’il permet de combler trente minutes, et c’était sans doute le cas vu la tristesse et la gravité de cet accident, alors pas besoin d’aller chercher autre chose ailleurs : le journal est rempli. Cela a duré plusieurs éditions comme ça, où l'on nous a dit entre les lignes que finalement, tout ce qui se passe dans d’autres domaines de la société, dans d’autres contrées, eh bien on peut très bien s'en foutre, l'ignorer totalement et poursuivre une existence tout-à-fait normale. En fait, ces derniers jours, les journaux télévisés nous ont démontré eux-mêmes que désormais, on pouvait très bien se passer de les regarder.

3 commentaires :

  1. je suis totalement d'accord car je me suis faite la même réflexion.

    Non pas que ce drame ne méritait pas d'attention, loin de là.

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  2. Tragédie,drame... et tous les noms qu'on voudra donner à cet événement,il ne viendrait à l'idée de personne de le contester. Mais pourquoi cet étalage hyperbolique et morbide? En quoi cela aide-t-il les parents des victimes?
    Et puis, on dirait qu'avoir perdu un enfant dans l'accident de Sierre est le summum de l'horreur. Pourtant, la même chose est arrivée,arrive et arrivera à des tas de gens, partout dans le monde. Leur douleur et leur deuil ne feront jamais la une et aucune délégation officielle , aucun soutien national ne leur sera assuré. Leur perte aurait-elle moins de valeur?

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  3. Faire de la douloureuse réalité de la télé réalité,surtout ne pas manquer une miette du malheur des autres. Du journalisme nous passons au voyeurisme. Peut être parce que à l'autre bout de la chaîne il y a des téléspectateurs. Pour se donner bonne conscience,ils vont se faire souffrir un peu, verser une larme devant ces images. Et tout cela dans la plus grande indécence...

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