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samedi 17 mars 2012

Une demi-heure de silence

Je viens de me rendre compte d’un truc dingue. Durant les derniers jours, suite au terrible drame de Sierre, de nombreux journaux télévisés ont été « exclusivement consacrés à ce dramatique accident ». Je ne l'invente pas: c’était même  annoncé par le présentateur lui-même au début du journal. Cela veut dire que ces jours-là, il n’y avait pas d’autres sujets traités. Oh, ce n’est pas qu’il ne s'est rien passé dans le monde. Il y a sûrement plein de trucs qui se sont produits aux quatre coins du globe. Mais pour une fois, on n’en a pas parlé. La durée du journal est à peu près toujours la même. Si un événement a une importance telle qu’il permet de combler trente minutes, et c’était sans doute le cas vu la tristesse et la gravité de cet accident, alors pas besoin d’aller chercher autre chose ailleurs : le journal est rempli. Cela a duré plusieurs éditions comme ça, où l'on nous a dit entre les lignes que finalement, tout ce qui se passe dans d’autres domaines de la société, dans d’autres contrées, eh bien on peut très bien s'en foutre, l'ignorer totalement et poursuivre une existence tout-à-fait normale. En fait, ces derniers jours, les journaux télévisés nous ont démontré eux-mêmes que désormais, on pouvait très bien se passer de les regarder.