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lundi 2 janvier 2012

« Rabbi Jacob, il va pas changer »

Le numérique était censé tout changer. Au début, on a dit que ça allait améliorer la qualité de l’image et du son. Mais en fait, c’est l’inverse qui s’est produit. Pour bien comprendre ce phénomène, il faut se rappeler ce qu’est le numérique. Prenez l’exemple du réglage d’un radiateur. Une vieille vanne qu’on tourne à la main autorise, selon la précision de votre geste, une quantité infinie de positions et donc de températures. Un système digital avec intensité de 0 à 10 ne permet que onze variations. C’est exactement la même chose avec le son et l’image. Pour la photo par exemple, il aura fallu quinze ans et des dizaines de millions de pixels pour qu’on « s’approche enfin » de la qualité de l’argentique. On s’en « approche » mais on n’atteindra jamais le rendu analogique, dont les nuances sont infinies. Au niveau du son, c’est pareil. Le MP3 ne s’use pas, mais ces fichiers ne sont que la modélisation chiffrée d’une chose insaisissable et illimitée : la musique. Sans parler de la télévision, de plus en plus plate, à l’image de plus en plus nette, mais dont la qualité des programmes a complètement stagné. La preuve : en 2011, c'est un film de 1973, Rabbi Jacob, qui détient toujours le record d'audience.