mardi 3 janvier 2012

Politiquement correct

Cher Monsieur Bénabar, je vous écris depuis le camp de détention de Guantanamo, où je suis prisonnier depuis 2004. Comme vous le savez, nous allons bientôt fermer. Enfin, c'est en tous cas ce qu'on nous promet depuis des années. En attendant, j'aimerais vous demander un service. Un de nos geôliers vous a sûrement contacté pour demander une copie de votre dernier album. Ne lui envoyez pas! S'il-vous-plaît! C'est un malade! Il est responsable des "activités spéciales d'obtention d'information". En gros, il gère les instruments de torture. Il sait qu'on va fermer et il fait du zèle. C'est lui qui a inventé le « Bénabaryton », un petit cachot exigu dont les murs diffusent vos chansons en boucle pendant des heures! Une atrocité. Un ami à moi s'est pendu dans sa cellule après deux jours de Bénabaryton. Sur un petit mot d'adieu, il avait juste écrit: « C'est l'effet papillon! » J'espère que vous ne le prendrez pas mal. N'envoyez pas votre nouveau CD, même si la tentation d'en faire la promo est grande! Grâce à un geste similaire, on a déjà pu mettre fin à l'usage du « Delermor », un casque d'écoute fixé sur le crâne qui diffusait du Vincent Delerm a capella!

2 commentaires :

  1. Pour Delerm d'accord, il a d'ailleurs lui-même hésité entre le suicide et la chanson. Mais Bénabar, je n'approuve pas, c'est habilement écrit ! :-)

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  2. j'approuve, benabar c'est très mauvais

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