dimanche 6 février 2011

Le train de l'humour

Woody Allen a fait dire un jour à l'un de ses personnages: « La comédie, c'est la tragédie + le temps ». Une équation simple pour expliquer qu'on peut rire de tout, mais pas n'importe quand. On pourrait dire aussi: « Drame trop récent, humour indécent ». C'est vrai. Souvenez-vous de Julie et Mélissa. Il eut été impensable de blaguer sur le sujet le jour même de la découverte des corps. Mais quelques mois plus tard, circulaient, dans les chaumières, des mots d'esprits à la pelle! Dans quelques jours, on commémorera le premier anniversaire de la catastrophe ferroviaire de Buizingen. Les humoristes s'interrogent: « Est-ce qu'on peut y aller? », « Ca y est? On a le feu vert?». C'est qu'on n'a pas droit à l'erreur. Il faut de la qualité. Quand le public met autant de temps pour accepter qu'on plaisante sur un drame national, ce n'est pas pour balancer des jeux de mots glauques, du genre « Le train, c'est de plus en plus 'chair'! ». Non, il faut de la subtilité. De l'humour de 1ère classe! Pardon. C'est peut-être encore trop tôt. Trop proche. Il faut encore attendre. De toute façon, pour toutes les blagues qui concernent la SNCB, il y a toujours un retard probable.

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