mercredi 13 octobre 2010

Le mode mineur

Il y avait deux façons de traiter l'information. J'ai opté pour la version courte. Je suis prêt. Dès que le dernier mineur sera sorti, j'écrirai “Les mineurs chiliens ont été sauvés”. Voilà, c'est tout. Précision, concision, pas besoin d'en rajouter. Bon, après, il y a la version longue. Celle qui a nécessité l'envoi de milliers de journalistes, caméramans et photographes sur place. Avec profil individuel de chaque mineur (c'est vrai qu'à l'image, il est difficile de distinguer un Chilien barbu sortant de terre d'un autre Chilien barbu sortant de terre), enquête auprès des familles, explications scientifiques, gros plans sur les retrouvailles, interviews individuelles de chaque mineur et des proches, construction de récits médiatiques (j'ai adoré le mineur qui n'aime pas les enfants mais qui va être papa et ne le sait pas encore), extrapolations statistiques (la phrase la plus prononcée par les épouses lors des retrouvailles serait “Tu pues la clope!”), déclarations politiques, messages religieux: on aura tout eu. Mais bon, je n'ai pas le budget, je suis obligé d'aller à l'essentiel. Mais je prends le risque de l'annoncer en primeur: ”Les mineurs chiliens ont été sauvés”.

1 commentaire :

  1. Merci pour la concision que je ne peux qu'approuver en l'occurrence : "les mineurs chiliens ont été sauvés".
    Mais si je puis me permettre, il aurait été possible de dire tout, absolument tout aussi bien avec deux mots de moins : "Les mineurs chiliens sauvés !"
    J'apprécie votre chronique.

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