dimanche 21 mars 2010

Déni de vitesse

Monsieur le Procureur, j'ai bien reçu le procès-verbal pour excès de vitesse, me reprochant d'avoir roulé à plus de 130 km/h sur une route où la vitesse maximale autorisée est de 90 km/h. Je ne peux évidemment pas contester les faits, vu la jolie photo que vous m'envoyez. Mais je suis le premier surpris. Je ne me suis rendu compte de rien. En effet, je souffre d'un mal peu connu : le "déni de vitesse". Il s'agit d'une maladie psychologique très difficile à vivre. Je ne vois pas les chiffres sur les panneaux d'interdiction, ni sur mon compteur. Je ne ressens pas non plus les mouvements d'accélération de ma nouvelle voiture. Idem pour les autres automobilistes que je dépasse à toute allure: c'est comme si mes yeux ne les voyaient plus. Votre courrier me ramène donc subitement à une réalité que j'avais niée inconsciemment. Le phénomène du déni de vitesse, comme celui du déni de grossesse, est mal connu. Il est pourtant très répandu en Belgique. Je vous demande donc la plus grande clémence dans le traitement de cette affaire. D'autant plus qu'il n'est pas facile de faire le deuil de son permis de conduire. Je ne vais tout de même pas lui donner un prénom!

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