mercredi 17 février 2010

Temps mort

Il faisait glacial. C'était un hiver comme on en avait plus connu depuis longtemps. Un vrai. Avec de la neige, de la pluie verglaçante, du vent piquant, des chutes sur les trottoirs, des pénuries de sel et des chaos autoroutiers. On sortait peu. On passait beaucoup de temps devant la télévision. Mais rien de ce qu'on nous donnait à voir n'était réjouissant. Chaque jour apportait sa nouvelle catastrophe. Qu'il s'agisse d'un tremblement de terre, de l'explosion d'un immeuble ou d'un terrible accident de train, les actualités rivalisaient de chiffres records et de superlatifs lorsqu'il fallait décompter les victimes ou décrire la souffrance humaine qui entourait ces événements tragiques. Même les jeux olympiques étaient endeuillés. C'est comme si le froid, après avoir gelé la pierre et immobilisé la cité, avait décidé de figer le cœur des hommes. Les officiels se succédaient devant les caméras, l'air grave, vêtus de grands manteaux noirs, cherchant leurs mots. Ce défilé semblait ne plus s'arrêter. Et puis, il s'est passé quelque chose. Un sourire. Une naissance. Un sursaut. On ne sait pas. Mais ce matin-là, on a ouvert les rideaux et il y avait du soleil.

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