jeudi 21 janvier 2010

13-13

Haïti, c'est un peu comme la mort de Michael Jackson ou la grippe A. A un moment donné, il y a comme un effet de saturation. Oserais-je dire, de ras-le-bol? J'ai même entendu ce matin que les autorités de Charleroi voulaient participer à la reconstruction, ce qui confirme que les Haïtiens sont maudits. Bref, on a atteint un stade où l'on commence sérieusement à avoir envie de rire ou de parler d'autre chose. Les chaînes de télévision ont très bien compris cela. Elles savent qu'elles sont en train de nous perdre. Et ce soir, elles se mettent à plusieurs pour nous cerner. N'essayez pas de zapper. La solidarité n'a jamais été aussi forte entre elles pour vous faire bouffer de la culpabilité, de la compassion et du « télé-don ». Voyez-vous, c'est dans ces moments-là que j'aimerais vraiment être multi-milliardaire. J'enverrais un chèque de 100 millions d'euros aux télévisions, accompagné d'un petit mot: « Messieurs, si vous vouliez vraiment vous intéresser à Haïti, il fallait vous y prendre vingt ans plus tôt. Veuillez accepter ce don et annuler votre émission ce soir. A la place, tapez-nous un bon vieux Chaplin! ».

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