mardi 29 décembre 2009

Combat nasal

Il y a du positif dans tout. Même dans un bon gros rhume. Certes, ce n'est pas marrant de se traîner toute la journée, le paquet de mouchoirs à la main, avec le nez rouge, bouché, qui coule; et l'impression d'avoir un vieux chewing-gum collé à l'intérieur de l'œil gauche. Mais il y a pourtant de quoi se réjouir: le rhume est la chose la plus démocratique qui soit. Nous sommes tous égaux face au rhume! Il n'y a pas de passe-droit pour les notables, pas de médicament miracle, hors de prix, inaccessible aux petites gens. Ce n'est pas comme un cancer où certains peuvent se payer les traitements les plus pointus dans une clinique américaine. Ni comme une attente de greffe où l'argent et le pouvoir peuvent faire transiter un rein sous le manteau. Ce n'est pas non plus une hernie discale qu'on fait opérer à prix d'or par un médecin réputé. Non, le rhume frappe de la même façon les nantis et les exclus. J'y pense quand je me mouche. Et j'entends au loin l'homme d'affaires dans sa Ferrari, le prince du pétrole sur son yacht, la star de cinéma dans son hôtel cinq étoiles, dont les éternuements intempestifs sont aussi bruyants et humides que les miens.

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