dimanche 16 septembre 2007

Subprime

Tout est virtuel désormais. L’informatique y a beaucoup contribué. Je ne suis pas un nostalgique du bon vieux temps, mais je constate ceci : à choisir, on préfère toujours le réel. On est plus ému ou plus impressionné par une lettre sur papier. On fait plus confiance à une gazette qui salit les doigts qu’à tous les flux d’informations automatisés sur la toile. Notre cœur bat plutôt pour la petite voisine d’en bas avec son horrible chien, que pour Tatiana_Perfect29 dans « SecondLife ». On peut faire toutes ses courses en ligne si on le souhaite, mais il y a toujours des files au supermarché. Les détenteurs de voiture de société pourraient exercer 75% de leur job à la maison, mais il y a toujours autant d’embouteillages le matin. Un vieux polaroïd fait des photos plus parlantes à nos yeux qu’un 10 millions de pixels à zoom optique. Ce n’est pas être nostalgique que de constater cela. La crise des « subprimes » - ce mécanisme qui consiste, en gros, à risquer son propre logement en bourse - nous le rappelle. Cette image des clients de la banque anglaise en faillite est rassurante. On peut parler de chiffres virtuels tant qu’on veut : quand ça va mal, on a soudain cette folle envie de revoir son argent sonnant et trébuchant.

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