samedi 28 janvier 2012
Wallonie et éternité
On entend souvent cette phrase dans la bouche des responsables et des observateurs: « Vous savez, une semaine en politique, c'est une éternité ». Et c'est vrai, en quelques jours, en quelques semaines, une situation peut basculer. Regardez la campagne électorale française. Tout semble rouler pour le candidat socialiste. Les sondages le donnent gagnant. Les prestations télévisuelles s'améliorent. Le programme se précise. Si on votait demain... Mais il reste encore des semaines, des mois avant le scrutin. Et en politique, c'est une éternité. Une gaffe, une catastrophe naturelle, une guerre, un scandale, un message maladroit sur Twitter: tout peut chavirer. Quelques jours, quelques semaines, quelques mois. Une éternité. Il est presque devenu impossible de se projeter dans l'avenir. Les politiciens eux-mêmes le répètent inlassablement, dès qu'on leur demande de prévoir une évolution à moyen terme: « Vous savez, on verra le moment venu. », « Il peut se passer encore beaucoup de choses d'ici là. », « Une semaine en politique, c'est une éternité ». Cette incapacité avouée à prédire l'avenir a une conséquence malheureuse: il est devenu difficile d'acquérir une crédibilité lorsqu'on annonce un plan intitulé « Horizon 2022 ».
dimanche 22 janvier 2012
Réunion secrète des Anonymous
Les Anonymous, ces hackers activistes, font beaucoup parler d'eux. Défenseurs de la liberté absolue sur le Web, y compris celle de télécharger de la musique illégalement, ils ont attaqué plusieurs cibles importantes cette semaine, suite à la fermeture de Megaupload. Mais qui sont-ils? Et que veulent-ils? Pour en savoir plus, 13lignes a pu s'introduire, en exclusivité mondiale, dans une des réunions d'Anonymous Anonymes:
- A1: Bienvenue à tous. Commençons, comme chaque semaine, par un tour de table.
- A2: Cette semaine... j'ai... je l'avoue oui, j'ai craqué...
- Les autres: Ouhhhh!!! Pas bien!!!!
- A1: Poursuivez! Qu'avez-vous enfreint comme règle?
- A2: Eh bien, j'étais en ville et tout-à-coup, j'ai... je n'ose pas... j'ai acheté un CD!
- Les autres: Ouuuhhh! Pas bien!!! Ouuhh!
- A1: Vous voulez dire, un CD avec de la musique? Et vous l'avez payé?
- A2: Oui... c'est honteux, je sais, j'aurais du le télécharger sur le Net illégalement...
- A1: Allons, allons, l'important, c'est de reconnaître votre faute et d'oser en parler parmi nous. Et peut-on savoir de quel CD s'agit-il?
- A2: Euh... eh bien, non pardonnez-moi... C'était... le dernier Bénabar!
- Les autres: Oouuuhhh! Honte à toi! Ouhhhh!! Mais quel con, celui-là!
- A1: Bienvenue à tous. Commençons, comme chaque semaine, par un tour de table.
- A2: Cette semaine... j'ai... je l'avoue oui, j'ai craqué...
- Les autres: Ouhhhh!!! Pas bien!!!!
- A1: Poursuivez! Qu'avez-vous enfreint comme règle?
- A2: Eh bien, j'étais en ville et tout-à-coup, j'ai... je n'ose pas... j'ai acheté un CD!
- Les autres: Ouuuhhh! Pas bien!!! Ouuhh!
- A1: Vous voulez dire, un CD avec de la musique? Et vous l'avez payé?
- A2: Oui... c'est honteux, je sais, j'aurais du le télécharger sur le Net illégalement...
- A1: Allons, allons, l'important, c'est de reconnaître votre faute et d'oser en parler parmi nous. Et peut-on savoir de quel CD s'agit-il?
- A2: Euh... eh bien, non pardonnez-moi... C'était... le dernier Bénabar!
- Les autres: Oouuuhhh! Honte à toi! Ouhhhh!! Mais quel con, celui-là!
Mise au point
Ce midi, à la question de savoir si c'était le bon moment pour acheter une maison, le patron du groupe Trevi a répondu ceci: « Les prix ont augmenté de 100% en dix ans. Mais en fait, les prix ont fait 'fois trois' en 30 ans, donc ça veut dire que tous les 10 ans, les prix ont été doublés! » (sic). C'était à quelques secondes de la fin du débat et personne n'a réagi. On s'est juste dit : « L'immobilier, ça augmente à mort, tout le temps » On n'a pas relevé. Par contre, au début de l'émission, on était revenu sur une erreur faite par un ministre sur le même plateau une semaine plus tôt. A la rédaction de 13 lignes, nous avons une énorme calculette. Si un prix double tous les dix ans, alors après 30 ans, il a été multiplié par 8, pas par 3. Exemple: si une maison coûte 100.000 euros en 1980, elle coûte 200.000 en 1990, 400.000 en 2000 et 800.000 en 2010. Il faudrait donc une vraie « mise au point » sur le sujet, car un prix multiplié par trois ou par huit, c'est quand même un critère beaucoup plus important pour décider d'acheter, que de savoir si on aura la prime sur les doubles vitrages! Enfin, on a au moins appris un truc ce midi: c'est plus grave de dire des bêtises quand on est ministre, que quand on dirige un des plus grands groupes immobiliers du pays.
Faut-il encore lire les journaux?
A quoi bon s'informer sur ce qui se passe dans le monde? Notre influence sur le cours des choses est pratiquement nulle. D'ailleurs, ceux qui ont un réel pouvoir, les grands patrons, les responsables politiques, ne lisent pas les journaux: on les lit pour eux. Beaucoup de gens passent toute leur vie sans jamais ouvrir un quotidien, et s'en portent très bien. En plus, l'actualité est toujours la même. Moi par exemple, c'est ma 6ème présidentielle française, mon 46ème tremblement de terre, mon 63ème crash d'avion. Que puis-je y changer? Que faire de cette croisière en naufrage, à la une pendant trois jours? Je ne vais quand même pas aller les aider! Surtout qu'au final, il n'y a pas eu plus de victimes que sur les routes chaque mois. Et puis, rien ne change fondamentalement. En Haïti, c'est la même chose depuis 30 ans. Tremblement de terre ou pas. Mais alors à quoi bon s'informer? Pour briller en société? Ou simplement pour passer le temps? Possible! Depuis qu'il y a Lesoir.be, ils ont supprimé le jeu « Solitaire » au bureau. Au fond, je crois que la seule influence est économique: ça fait travailler les journalistes, les éditeurs, parfois les libraires. Donc si vous voulez changer le monde, ne lisez plus les journaux, achetez-les!
samedi 21 janvier 2012
Les amis de Megaupload
Quel débat enflammé depuis la fermeture du site Megaupload par le FBI! Il faut dire que la communauté des internautes a été choquée. Depuis plusieurs années, on leur répète toute la journée, sur chaque page web, sur chaque photo, sur chaque vidéo: "Partagez!", "Partagez!", "Partagez!". Et puis là, boum! Fini! Le plus grand site de partage de fichiers fermé, ses opérateurs arrêtés! On ne peut plus partager, alors? Quoi? Les? Droits d'auteur? Ah oui, le message qui apparaît au début des DVD! Finalement, toute cette histoire de piraterie vient d'une interprétation "2.0" de la notion de "cercle privé et familial". Dans les années quatre-vingts, on pouvait enregistrer un film sur une cassette VHS pour un ami. Le fameux "tu me feras une copie?", cela n'a pas changé à l'ère numérique. Ce qui a changé, c'est la notion de "cercle privé". Aujourd'hui, les gens ont souvent des milliers, voire des millions d'amis. Normal qu'ils se prêtent des films et des chansons! L'amitié sur le Net, c'est sacré! Mais désormais, pour continuer à échanger, il faudra faire le tri parmi vos "proches". Un truc simple: publier un appel à l'aide pour un déménagement en semaine, par exemple. Ceux qui répondent présents, ce sont vos vrais amis, avec qui vous pouvez tout partager, même de la musique!
mardi 17 janvier 2012
Après le plan W, le plan X
J’ai de plus en plus de mal à suivre le débat sur les institutions. On parle d’un plan W, d’une Wallonie autonome, mais aussi de "liens indéfectibles" entre Wallons et Bruxellois, ou encore de "Bruxelles se tournant vers la Flandre". On parle des "Wallons", des "Flamands", des "Bruxellois". Mais je ne sais pas ce que c’est. En principe, un Wallon, c’est quelqu’un qui habite en Wallonie. Je suis donc Bruxellois. Mais j’ai déjà été Flamand lorsque je vivais en périphérie. J’ai aussi été Bruxellois travaillant en Flandre, Wallon travaillant à Liège, Wallon travaillant à Bruxelles, et Bruxellois travaillant à Namur. Je suis né en Wallonie. Est-ce que cela fait de moi un Wallon ? Si j’habite Bruxelles depuis dix ans, est-ce que je suis moins Bruxellois qu’un gars né à Anderlecht ? Est-ce que Barroso est Bruxellois ? Est-ce que je pourrais devenir Flamand de Bruxelles ? A côté de cette approche rationnelle, il y a aussi l’émotionnel. On parle de sentiment d’appartenance, d’affirmation identitaire. Pourrais-je redevenir Wallon tout en habitant Bruxelles, en me "sentant Wallon" ? Je ne sais plus, vraiment. Il n’y a qu’une chose dont je suis sûr et qu’un Français m’a rappelée récemment : « S’intégrer en Belgique, c’est facile, car personne ne sait ce que ça veut dire ».
samedi 14 janvier 2012
21/12/2012: la prédiction définitivement invalidée
La fin du monde se produira-t-elle le 21 décembre 2012? Même les plus incrédules avaient fini par avoir un doute. Une étude scientifique vient pourtant de remettre totalement en question la prévision du calendrier Maya, selon laquelle la fin de l'humanité aurait lieu à cette date symbolique. Tous les calculs sont arrivés à la même conclusion: cela ne tient pas la route. Les millions de gourous sectaires mal inspirés, les prophètes en ligne et les Nostradamus de comptoir peuvent donc aller se rhabiller, et vite! Toutes les arnaques qui circulent sur le Net et qui brandissent cette date comme le panneau indicateur de la fin des temps peuvent désormais faire profil bas, ou assumer devant les tribunaux les conséquences judiciaires de leur manipulation des masses apeurées. C'est une absurdité sans nom et c'est un consortium mondial de scientifiques pluridisciplinaires de haut niveau qui l'a démontré. Tous les naïfs qui avaient organisé leur vie en fonction de cette « deadline » absurde peuvent revoir leurs plans. Les conclusions de l'étude sont claires et définitives: la fin du monde n'aura pas lieu le 21 décembre 2012, mais bien le 8 mars. Bonne journée à tous!
vendredi 13 janvier 2012
Vendredi 13 lignes
Pour faire des économies, il y a deux options. Soit on décide de renoncer à une seule grosse dépense et on fait un énorme sacrifice en une fois. Soit on fait des petites économies un peu partout. On termine bien le pot de confiture, on ne jette plus rien, on n'accélère plus comme un con pour aller freiner devant un feu rouge, etc. C’est comme les prix qui augmentent. Le jus d’orange, le diesel, le ticket de train : tout augmente, un petit peu, partout, pour tout le monde. On aurait pu faire augmenter un seul produit, massivement, pour une seule personne. Un client va à la boulangerie, tombe par hasard sur un pain blanc carré coupé à 500.000 euros, et il est obligé de l’acheter à ce prix-là. Ce n’est pas tenable. C’est la même chose pour le budget d’un Etat en période d’austérité : on peut soit demander un petit effort à tous les citoyens, soit décider que quelques personnes, choisies au hasard, payent une énorme somme d’argent. Mais ce serait inacceptable, car c’est arbitraire et totalement déséquilibré. Par contre, l'inverse est très bien accepté. Quand on demande aux gens de payer quelques euros pour qu’une ou deux personnes en reçoivent des millions, ça marche à fond! Particulièrement ce vendredi 13.
mercredi 11 janvier 2012
Pour en finir avec Twitter
Ce billet s'adresse spécialement à ceux qui ne connaissent pas Twitter et ne l'ont jamais utilisé. Ça ne doit pas être facile pour vous d'entendre parler tous les jours de « Twitter » dans la presse et à la télévision. Bien sûr, il y a cette fameuse description simpliste et démissionnaire du journaliste sans empathie: «le réseau de micro-blogging ». Mais cela ne vous fera pas comprendre un « DM fail », un « RT » ou « #thevoicebe ». Non, restez! Tentons une définition plus accessible: Twitter est un des outils les plus fascinants du web. Sa particularité est d'être limité à 140 caractères par message. Mais ce n'est pas une contrainte approximative comme 13 lignes. C'est une limitation technique infligée sans exception! Ce qui est fascinant, c'est que tous ceux qui ont vanté pendant des années la liberté du web et la fin des contraintes du format imprimé se retrouvent sur ce réseau contorsionniste où il faut peser l'utilité de chaque mot, comme lorsqu'on envoyait des télégrammes facturés au signe. Mais le plus magique, le plus troublant, c'est quand tous ces geeks hyper-connectés, ne jurant que par les nouveaux médias, s'émerveillent soudain de voir un de leurs tweets repris à la télévision ou dans un bon vieux journal en papier...
jeudi 5 janvier 2012
Pour en finir avec les retards de train
Cette idée de ne plus remplacer les horloges analogiques défaillantes dans les gares fait beaucoup parler d’elle, car c’est peut-être le début de la solution à tous les problèmes de retard de train. Mais il faut aller plus loin. Pourquoi ne pas définitivement supprimer toutes les indications d’heure sur les quais, y compris sur les panneaux électroniques ? On se limiterait à annoncer qu’un train à telle ou telle destination va bientôt arriver, avec le nombre de minutes d’attente. Il n’y aurait plus d’horaires prévus à l’avance. Plus de promesses chiffrées. Juste un panneau devant la gare : « Ici, on vous emmène régulièrement à Bruxelles, à Anvers, à Liège, en s’arrêtant plusieurs fois en chemin ! ». On ferait en sorte qu’il y ait beaucoup de trains aux heures de pointe. Les navetteurs arriveraient tranquillement sur le quai, sans courir dans les escaliers pour rien, avec la certitude de voir arriver un train "à un moment donné". On mettrait un réseau Internet gratuit, la presse du jour, des tables, des jeux pour enfants. Le train arrive ? Allez, on y va… Tranquillement, sans stresser… C’est un peu comme la lutte contre le sentiment d’insécurité. Au lieu d’essayer de diminuer les retards de train, il suffit de faire disparaître l’impression d’en être victime.
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