Aujourd’hui, c’est la journée mondiale sans tabac. Ça reste un grand mystère pour tout le monde cette histoire de cigarettes qui tuent. C’est vrai. On est dans l’époque du principe de précaution absolue. Quand un yaourt présente un défaut de constitution, il est directement retiré des rayons. Quand il y a un jouet qui « contiendrait une substance susceptible, à très fortes doses, d’avoir des conséquences néfastes pour la santé des enfants dans certaines circonstances particulières », on le retire du marché. Tous les jours, il y a des annonces sur des risques d’augmentation de 23% de telle maladie si on consomme tel aliment, de 39% de telle lésion si on pratique telle activité, etc. On n’est jamais sûr à 100% de la relation de cause à effet. Mais c’est toujours le principe de précaution qui prévaut. Il n’y a qu’un truc dont on est absolument certain : le tabac tue. On le sait depuis des décennies. On a les chiffres. On peut même dire combien de personnes meurent chaque année à cause de la cigarette. Mais bizarrement, jamais personne n’a songé à faire retirer ce produit mortel du marché. Même lors de la journée mondiale sans tabac, on en vend chez le libraire du coin! Juste à côté du livre « 13 lignes » désormais disponible partout, à 15 euros. Le prix de trois paquets de clopes...
jeudi 31 mai 2012
vendredi 25 mai 2012
Papy investit dans le social
13lignes: Papy! Papy !
ça va tes actions Facebook ?
Papy : Pardon ? Què vous dites ? Parlez plus fort, j’intinds
plus bien…
13lignes : TES ACTIONS FACEBOOK, ça va ?
Papy : Ooooh ne m’in parlez nie’ hein ! Co’ toudi une saloperie ces histoires d’Internet !
13lignes : Tu n’as plus de Fortis ?
Papy : Comment ?
13lignes : Je dis.. tu n’as plus de FORTIS ?
Papy : Mais non ! J’ai tout vendu, le banquier m’a dit de mettre tout dans l’Internet.
13lignes: Il t'avait conseillé Facebook?
Papy: Mais oui, c'est ça "Facebook", il m'a dit d'investir dans le réseau "social" comme on dit!
13lignes : Et l’action ne remonte plus ?
Papy : Oh mon dieu non, milliard dedju! Le social, le social, co' des carabistouilles comme Lernout&Hauspie, ça! Si le social rapportait quek'chose, ça se saurait hein!
13lignes : TES ACTIONS FACEBOOK, ça va ?
Papy : Ooooh ne m’in parlez nie’ hein ! Co’ toudi une saloperie ces histoires d’Internet !
13lignes : Tu n’as plus de Fortis ?
Papy : Comment ?
13lignes : Je dis.. tu n’as plus de FORTIS ?
Papy : Mais non ! J’ai tout vendu, le banquier m’a dit de mettre tout dans l’Internet.
13lignes: Il t'avait conseillé Facebook?
Papy: Mais oui, c'est ça "Facebook", il m'a dit d'investir dans le réseau "social" comme on dit!
13lignes : Et l’action ne remonte plus ?
Papy : Oh mon dieu non, milliard dedju! Le social, le social, co' des carabistouilles comme Lernout&Hauspie, ça! Si le social rapportait quek'chose, ça se saurait hein!
La photographie sociale
Vous
avez remarqué ? Ces derniers temps, toutes les photos sont carrées. Parfois
avec des coins arrondis et des effets de papier déchiré sur les bords, mais carrées.
Il paraît que c’est dû à un logiciel social , Instagram. Qu’est-ce qu’un
logiciel « social » ? Eh bien, c’est un truc qui permet à un
groupe d’individus d'exercer une activité dont ils étaient exclus avant. Par exemple,
faire des belles photos. Avec Instagram, réussir une photo est devenu accessible
à tous. Vous me direz : « Mais pour être un bon photographe, il faut un
regard particulier, un peu de culture, le sens du graphisme, un goût pour l’harmonie
des couleurs ! ». Eh bien, non ! Vous prenez l’appareil, vous cliquez
n’importe où, et hop, le tour est joué. On ne voit pas toujours bien ce qu’il y
a sur l’image, c’est flou, mais il y a un beau cadre et un petit effet. Les
gens reconnaissent que c’est une photo sociale et donc, sont assez tolérants : « Wouaw,
super cool, cette pic! ». Twitter a voulu faire la même chose pour
la littérature. En limitant le format à 140 signes, il a obligé tout le monde,
même les plus grands auteurs, à écrire des textes en codes et en abréviations,
où la faute d’orthographe est assumée car vitale. Cela a démocratisé l’écriture.
Exemple : « FF @13_lignes Je like trop ton dernier tweet #litteraturesociale ».
mardi 22 mai 2012
Palais au Maroc : Sarkozy s’explique
Chers lecteurs de
13 lignes, je ne comprends pas cette énième polémique. Il paraît que j’aurais
reçu un palais au Maroc pour la naissance de Djulia ? Et même si c'était vrai! On n’a
plus le droit de recevoir des cadeaux maintenant ? C’est ça le changement?
Il faut culpabiliser pour tout? Et puis d’abord, pourquoi on continue à s’acharner
sur moi ? C’est bon là, je ne suis plus président !
Je prends mes vacances comme tout le monde. Je suis normal. J’ai le
droit de prendre du repos. Et puis qu’est-ce que vous voulez que je fasse ?
Que je rende le cadeau, c’est ça ? Et qu’est-ce que je vais dire à Djulia, moi,
dans quinze ans ? « Si Papa avait été intelligent, on aurait pu partir en vacances dans un palais au Maroc » ? C’est ça que
vous voulez comme exemple pour la jeune génération ? Des pères ratés qui n'assument pas et qui n'ont pas de palais au Maroc? Et puis, c’est quoi tous ces jaloux ?
Vous m’en voulez parce que vous voudriez être à ma place, c’est ça, hein?
Ben il fallait y penser avant, les gars ! Faut avoir des idées parfois !
C’est vrai, fallait y songer quand vous avez rédigé votre liste de naissance, au
lieu de mettre « doudou », « bavoir » et « maxi-cosy ».
Moi j’ai mis « 1 Palais au Maroc ». Faut oser, c’est tout !
lundi 21 mai 2012
L’histoire d'Internet en 13 lignes
Avant, il n’y
avait pas Internet. Les ordinateurs étaient tous différents et leurs langages n’étaient
pas compatibles. Puis le marché s’est structuré. Il n’y avait plus que deux
gros acteurs, PC et Mac, mais ils ne communiquaient pas entre eux. Quand on est
parvenu à les relier par une ligne téléphonique, on a décidé de créer un langage
commun, l’HTML. Ce fut la naissance d'Internet. Cela a
donné tellement d’espoirs qu’une bulle financière s’est créée. La bulle a
éclaté. Et là, on a inventé le bouton "s’identifier". Les éditeurs
de sites Internet se sont mis à placer ce bouton partout, afin de personnaliser toujours plus la navigation. Du coup, les sites
n’étaient plus compatibles entre eux et on passait ses journées à « s’identifier ».
C’était l’Internet 2.0. Alors, on a décidé de lier l'identification à la marque de l’ordinateur que l’on achète. Le marché s’est
structuré. Et deux gros acteurs ont émergés.
Mais ils n’étaient pas compatibles entre eux. Ce sont les Chinois qui ont finalement créé une seule identification et un seul système pour tout le
monde. Comme avant. Et c'est cette année-là que Facebook a fait faillite.
Pourquoi je quitte Facebook
C’est en voyant
la photo de mariage de Mark Zuckerberg que j’ai décidé de quitter Facebook. La
question me taraudait depuis un moment. Mais quand il a publié cette photo sur
le réseau social, le lendemain de son introduction en Bourse, j’ai eu le
déclic. Même si « 980921 personnes aiment ça », moi, ça m’a fait l’effet
inverse. Je me suis dit que cette image résumait bien Facebook. Depuis des
années, je suis inscrit sur le site de Mark Zuckerberg. Je lui présenté tous
mes amis. J’ai écrit des bêtises, des statuts sur les bonnes ou mauvaises nouvelles
de ma vie. Mon journal les retrace depuis ma naissance. J’ai tout « partagé »
avec Mark. Je me suis ouvert à lui. Je lui ai montré mes photos de vacances. Il
aimait ça. Je lui ai fait voir les travaux dans la maison. Il aimait ça. Je lui ai
fait écouter mes musiques préférées. Il aimait ça. Je lui ai dit tout ce que je
pensais sur à peu près tout. Il aimait ça. Mais là, franchement, il m’a déçu.
Ah c’est donc ça, un ami Facebook ! Le gars, je lui donne tout depuis cinq
ans, et maintenant qu’il a enfin rencontré l’amour (ce qui était son but initial),
il revend tout sur le Nasdaq et il annonce qu’il s’est marié sans
prévenir personne. Quel mépris... Il aurait pu au moins m’inviter au vin d’honneur!
La brique de trop
Faut
qu’on arrête avec « Une brique dans le ventre ». C’est toujours
la même émission. Ils commencent avec une baraque ultramoderne, dont le propriétaire
est, comme par hasard, architecte. Dans le hall d’entrée, le présentateur évoque
systématiquement « cette belle idée d’avoir ouvert sur le haut pour créer
un puits de lumière ». Ensuite, on a la rengaine habituelle sur les
matériaux nobles ou biologiques, parsemée d’observations pertinentes comme « ce
couloir crée une circulation entre les pièces » (véridique). Puis on fait
connaissance avec la femme de l’architecte qui, à chaque fois, est occupée dans la cuisine, une pièce de 40 m2 tellement propre qu'on se croirait dans un catalogue Ixina. L’épouse a le droit de dire quelques mots sur le choix des
couleurs, avant l’inévitable plan sur les deux gosses blonds particulièrement sages, lisant calmement sur un canapé de 12 places. Le reportage se termine
tout le temps de la même façon : la vue. Oui, les habitants d’ « Une
brique dans le ventre » n’ont jamais de voisins et ont tous une vue panoramique
sur la Wallonie. Mais le pire, c’est qu’après le loft bruxellois bio et
la rénovation du moulin, on finit toujours par revenir sur terre avec le « truc
de Robert ». Ben oui, c’est bien de rêver, mais vous allez quand même tous terminer chez Brico...
samedi 19 mai 2012
Commentaires d'Outre-Rien
Chaque année,
nous remettons le « Prix international du commentaire politique le plus
con ». 2012 n'est pas fini, mais le jury est unanime pour décerner
la récompense tant convoitée à cette phrase, lue et entendue à maintes reprises
depuis jeudi: « Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault parle
parfaitement l’allemand, ce qui pourrait être un atout pour François Hollande
dans ses relations avec Berlin ». Avouez que c’est du lourd ! D’abord,
à moins que le Premier ministre ne soit désigné interprète officiel pour les
sommets (auxquels il n’est d’ailleurs pas censé participer), on ne saisit pas
très bien son apport. On voit mal François Hollande refuser l’oreillette et
indiquer qu’il a pris son Premier avec lui pour la traduction. Et puis
on n’imagine pas non plus la Chancelière déclarer : « Vous avez un
Premier ministre qui parle allemand ? Ah mais ça change tout ça ! Nous
allons fermer Audi et rouler uniquement en Citroën DS5 désormais… » Non
sérieusement, la politique internationale, c’est compliqué. Quand on entend
des journalistes de haut vol faire un tel commentaire, on se sent un peu lésé. Et
même si c’était pertinent, ce que Jean-Marc « Ayrault » gagne en
image côté germanique, il le perd dans les pays arabophones.
Comment écrire un long texte avec une tablette?
Voilà. C'est mon premier billet écrit avec une "tablette". C'est marrant l'informatique. Tous les cinq ans, il y a un nouveau truc qui sort. Et il faut tout réapprendre. Par exemple, apprendre à écrire. Avant, on écrivait à la main avec de l'encre sur le bout du doigt. Puis ils ont inventé le stylo à billes qui s'est démocratisé grâce à Bic, Gérard Bic. Une révolution. Ensuite, il y a eu la sténo, puis le clavier. Avec la tablette, on a fait marche arrière. On écrit à nouveau avec le doigt. Ce n'est pas très pratique et ça salit l'écran. Alors ils ont réinventé le stylo, appelé désormais "stylet". Comme ce n'était pas très précis, on a ressorti le clavier. D'ailleurs, au magasin, on m'a dit: "Si vous écrivez des longs textes, je vous conseille d'acheter ce clavier en accessoire." Oui, en informatique, 13 lignes, c'est un long texte. Et c'est vrai que ça va beaucoup mieux avec un clavier. C'est dingue, ces changements permanents. Regardez l'alimentation par exemple. Depuis l'invention du couteau et de la fourchette, plus personne n'a remis en question l'expérience ergonomique du repas. On n'a pas tout-à-coup décidé de remanger avec les doigts! Eh bien, en informatique, si. C'est pour ça qu'on trouve des couverts sur les listes de mariage, mais jamais d'ordinateurs.
Faceboorse
C’est pas une
blague : Facebook est entré en bourse. J’aurais adoré voir la tête du
vieux pensionné américain qui demande des précisions à la séance d’information : "Mais
c’est quoi Facebook ?" Et entendre la réponse gênée du Investor relations officer: "Eh bien, c’est une sorte d’immense carnet d’adresse dans lequel personne
ne veut laisser son adresse, mais qui vaut des milliards de dollars !". "Est-ce
que Facebook existera toujours dans cinq ans ? On ne peut pas le dire avec
certitude." Tiens, rien que d’y penser, j’ai envie d’y placer toutes mes
économies. Il y a aussi les phrases qui tuent, comme "Facebook est en 2012
ce que Yahoo était en 1998". Ah bon. Et c’est quoi Yahoo ? Allons, ne
soyons pas trop pessimistes. C’est vrai que Facebook est une mine d’informations
sur les centres d’intérêts de près d’un milliard d’individus. D’après les statistiques,
les sujets les plus courus sont "Bon anniversaire !", "Poke" et bien sûr, la page officielle de 13lignes. Et puis, réjouissons-nous, c’est
la première fois que des boursicoteurs investissent en masse dans le social.
Mais tout de même, la valorisation boursière du réseau de Mark Zuckerberg risque
d’être à l’image du nombre d’amis virtuels: tu crois que tu en as des
centaines, mais en fait, t’en as que trois ou quatre.
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