lundi 1 septembre 2014

L'esprit belge

A priori, il est impossible pour un Belge d'expliquer ou de critiquer sa propre mentalité. Il faut fréquenter beaucoup d'expatriés et s'informer auprès d'étrangers pour essayer de comprendre l'esprit belge. Parce que chez nous, même l'absurde est commenté et accepté de façon absurde. Prenez cette histoire de passage pour piétons interdit aux piétons. En soi, ce sont des choses qui arrivent. Ce n'est pas l'image de ce panneau d'interdiction en plein milieu du passage clouté qui est surréaliste. Non, ce qui est dingue, c'est la réaction de Bruxelles-Mobilité qui ne semble pas du tout choqué et qui s'est justifié comme suit: "Il s'agit d'un double marquage. Ce sont deux situations qui se superposent". Wow! Ben oui, ça, on avait bien compris! Ils n'ont pas dit qu'ils avaient fait une erreur et que ça allait être rétabli tout de suite. Non, c'est une question de temps et d'autorisations… Et on a accepté ces explications sans s'indigner. Les journalistes n'ont pas été très choqués non plus quand on a volé l'ordinateur du Premier ministre dans sa voiture! Et pas dans un no man's land à trois heures du matin! Non, en plein après-midi, dans le quartier des clubs de fitness huppés et de la librairie branchée Filigranes, presque en face de l'Ambassade américaine! Parce que pour un Belge, c'est tout-à-fait normal de se faire voler à cet endroit! Un article a même été publié pour rappeler au Premier ministre les précautions à prendre pour ne pas se faire cambrioler sa voiture! Comme si c'était presque de sa faute. C'est le sens de la sécurité à la Belge. Autre fait surprenant: une septuagénaire a été agressée dans les locaux de la Commune d'Ixelles à cause de son nom à consonnance juive. A juste titre, on a été choqué et on a rappelé la vigilance nécessaire devant le retour des actes antisémites. Mais est-ce qu'il y a un seul journaliste qui s'est offusqué qu'on puisse se faire agresser à l'intérieur d'un bâtiment officiel? Non... Nous sommes en Belgique. Aujourd'hui, une dernière anecdote très belge: la ministre de l'enseignement, en plus de ne pas vraiment donner le bon exemple, vu sa fonction, au niveau langagier, a menti et cela a été prouvé par un enregistrement. Dans un autre pays, un ministre qui ment, quelle que soit la portée du mensonge, démissionne, en particulier s'il est responsable de l'éducation! Ici, non. Parce qu'en Belgique, un ministre peut mentir, "puisqu'après tout, ils mentent tous". Populisme? Non! Là, vous réfléchissez comme un Belge… Parce qu'il y a déjà eu des articles qui expliquaient qu'un politicien avait menti mais que ce n'était pas si grave car en fait, il n'était pas le seul, etc. En fait, l'esprit belge ne fonctionne que parce qu'il est partagé par tous. N'importe quel journaliste américain tomberait des nues en lisant tout cela. Cela prouve au moins que la Belgique existe et est même très solide, car dans ce pays, on se tient tous par l'absurde.


jeudi 31 juillet 2014

Pourquoi payons-nous tant d'impôts?

La Belgique est désormais connue pour être un des pays où le travail est le plus taxé. Pour qu'un employé touche 100 euros, il faut que l'employeur en débourse 248. Bien sûr, certains s'en plaignent. Mais c'est une erreur, car l'impôt sert à financer un tas de choses, où là, la Belgique excelle! Exemples.
1) Les infrastructures pour le transport. C'est grâce aux impôts que nous avons des autoroutes parfaitement plates et le réseau RER le plus innovant du monde.
2) La qualité des services publics. L'administration wallonne, par exemple, est dans le top des administrations les plus performantes au monde.
3) Les impôts servent à financer les soins de santé. C'est la raison pour laquelle les Belges pètent la forme et ont toujours bonne mine. Ils ne fument pas beaucoup et ont des dents parfaitement entretenues.
4) Les impôts financent l'aide aux plus faibles. C'est grâce à eux que la pauvreté est pratiquement inexistante. Promenez-vous dans les rues de Charleroi, la plus grande ville wallonne, et l'on voit tout de suite que l'état garantit à tous une très haute qualité de vie!
5) Les impôts servent à financer aussi l'enseignement. Les rapports PISA des dernières années le démontrent. Nous avons un des meilleurs systèmes d'enseignement du monde.
6) Enfin, les impôts servent à financer le système qui prélève les impôts, à payer le chef de service Impôts, le sous-chef, son assistant, les contrôleurs, ses ministres et ses attachés, le Conseil Général de l'impôt, l'Observatoire Régional de l'histoire des impôts, le Musée de l'impôt, le Centre fédéral de lutte contre le refus de payer ses impôts, l'Administration Régionale chargée de la mise en œuvre du transfert des compétences fiscales vers les entités fédérées, et bien sûr la Fête annuelle de l'impôt et son célèbre Feu d'artifice! 



vendredi 25 juillet 2014

Nouvelle Alliance Wallonne

C'est incroyable. Beaucoup d'électeurs wallons ont voté largement à gauche de l'échiquier politique. Ils sont préoccupés par la sauvegarde des acquis sociaux, par le montant de leur pension, par le remboursement des soins de santé, par la qualité des services publics. Et puis au final, qu'est-ce qui est en train de se passer? C'est un gouvernement de centre-droite qui va se mettre en place au niveau fédéral. Et vous savez pourquoi? A cause des Flamands qui votent plutôt à droite, parce qu'ils veulent entreprendre plus facilement, payer moins d'impôts, réduire les dépenses publiques et le poids de l'état. C'est inacceptable! On vote centre-gauche et puis on se retrouve avec une politique de centre-droit. Il faut que cela cesse! En fait, le plus simple, puisque les Flamands vont toujours nous imposer leur politique au fédéral, ce serait de renforcer les régions. Là on pourrait faire ce qu'on veut chez nous! Il faudrait créer un grand parti de gauche, rassemblant les centristes du Cdh et les extrêmes du PTB, et qui intègrerait une dimension communautaire forte. Pour plus d'autonomie régionale, pour une Belgique confédérale, voire pour l'indépendance de la Wallonie! Ce que l'on fait nous-mêmes, on le fait mieux après tout. On n'a plus besoin de ces Flamands qui nous dictent ce qu'il faut faire!  
(Voilà, vous remplacez "flamands" par "wallons", "nord" par "sud", et vous aurez compris comment est née la NVA)


mercredi 23 juillet 2014

"Tous les mêmes et y en a marre"

J'entends de plus en plus de voix qui disent que les politiciens feraient n'importe quoi pour acquérir ou conserver le pouvoir, que l'on crée des postes pour recaser les camarades, que l'on cumule plusieurs fonctions en jouant avec les termes de la loi: bourgmestre en titre, faisant fonction, pouvoirs délégués, etc. J'entends aussi des gens dire que les hommes et les femmes politiques ne tiennent pas leurs promesses et leurs engagements, qu'ils avaient tous dit qu'ils ne feraient pas ceci ou cela, qu'ils feraient cela ou ceci, et finalement, ils font l'inverse sans aucun état d'âme. J'entends dire que le résultat des élections n'a plus vraiment d'importance. Avec tous ces niveaux de pouvoir, on se présente où l'on veut et on finit toujours bien par être casé quelque part, que ce sont toujours plus ou moins les mêmes têtes, qu'il y a des "fils de", des "neveux de", des "anciens chefs cabinet de". J'entends dire que rien ne va changer, ou alors très peu, ou alors très lentement, parce que les niveaux de pouvoir se contrebalancent et se neutralisent, les compromis atténuent, les débats ralentissent. J'entends dire que ce sont "tous les mêmes", que ce qu'ils veulent au final, c'est obtenir des postes et du pouvoir. Oh, ce n'est pas nouveau. Il y a toujours eu des discours antipolitiques, des citoyens désabusés, des Trolls de comptoir. Non, ce qui est neuf, c'est que je ne sais plus trop quoi leur répondre…


mardi 8 juillet 2014

Comment organiser une fête de supporters ?

Pas facile lorsqu’on rentre d’une Coupe du monde d’organiser une fête avec vos fans. Voici quelques conseils pour en faire un succès.
  1. Ne jamais dire exactement où a lieu la fête. Ou alors communiquez un endroit, puis changez d’avis, puis indiquez un troisième lieu pour bien brouiller les pistes.
  2. Idem pour la date et l’heure. Dites que c’est à 17h un dimanche, puis à 18h30 un mardi, etc.
  3. Essayez de dire qu’il y aura deux fêtes. Comme ça, vous donnez l’impression que ce n’est pas grave si on en rate une.
  4. Restez évasif sur la nature de la fête. Dites au début que ce ne sera pas vraiment une fête. Puis changez d’avis. Dites qu’il y aura une rencontre, une "sorte de fête", ou "un petit quelque chose".
  5. Prévenez que la fête ne sera pas géniale. Dites que vous êtes triste, que vous êtes de mauvaise humeur, que vous n’avez pas vraiment l’esprit à la fête...
  6. Surtout n’invitez pas de stars à votre fête. Pas de Stromae, pas de Grand Jojo, pas d’Axelle Despiegelaere. Cela pourrait attirer du monde...
  7. Finalement, faites votre fête un lundi à 18h. Le pire moment pour organiser une fête.
Voilà, le tour est joué. En suivant ces conseils, vous êtes sûr de ne voir à votre fête que les vrais fans, ceux qui ont suivi le jeu de piste et qui ont pu se libérer coûte que coûte. Pas ceux qui s'intéressent au foot une fois tous les quatre ans, les vrais passionnés de football en Belgique! 5000 personnes tout au plus...

vendredi 27 juin 2014

Notre consultant bénévole analyse le match contre la Corée du Sud

Nous faisons de nouveau appel à Gustave, notre consultant foot, pour commenter le match d'hier soir. Une analyse qui vaut ce qu'elle vaut, c'est-à-dire pas grand-chose, puisqu'il est bénévole.
13lignes: Quel bilan tirez-vous du match d'hier?
Gustave: Excellente prestation. Ils ont joué la montre puis le banc, ce qui était une bonne stratégie. Mais j'ai trouvé que Courtois était un peu trop défensif. On l'a rarement vu en milieu de terrain!
13lignes: Comment avez-vous trouvé le jeu coréen?
Gustave: Ils sont très rapides! J'ai aimé quand Lee a fait cette passe à Kim qui a driblé juqu'à Kim pour que Lee puisse couvrir Park et sur une feinte de Kim, c'est finalement Lee qui a failli marquer avec l'aide de Park. Et tout cela sans jamais mordre!
13lignes: Mais au final, on peut être fiers de nos Diables, non?
Gustave: Oui, enfin à 10 contre 7 c'est un peu facile! Kim, Kim, Park, Lee, Kim, Lee et Park sont rapides mais ne font pas le nombre.
13lignes: Pas trop déçu de la première mi-temps?
Gustave: Je ne regarde plus les premières mi-temps. En fait, je regarde les matchs à partir de la 70ème minute. Avant cela, je mate les petites bonnasses dans le public!

jeudi 26 juin 2014

Vers un gouvernement éternel?

La formation du gouvernement fédéral semble s'être compliquée "radicalement" - c'est le cas de le dire - avec le refus de Benoît Lugten de négocier une coalition de centre-droit sans le PS. Les observateurs sont sceptiques et ne voient plus tellement comment on pourra éviter une nouvelle longue crise. Pourtant, une solution est peut-être là, à portée de main: le gouvernement éternel. C'est en tous cas une piste sérieuse qui circule dans les cénacles politiques. L'idée est la suivante: abandonner définitivement l'idée de former un nouveau gouvernement et garder le gouvernement actuel pour l'éternité. Cela contenterait tout le monde. 1) Bart De Wever qui pourrait diriger la Flandre à droite, avec la confirmation que le niveau fédéral est devenu un musée. 2) Elio Di Rupo qui pourrait rester Premier ministre toute sa vie 3) Le Roi et la Reine qui pourraient se reposer et regarder les matchs en relisant leur album Panini. Le seul souci est de voir comment peut tenir, sur le long terme, un gouvernement éternel. Certains ministres sont vieillissants. Un important budget maquillage et chirurgie esthétique devrait probablement être débloqué. En cas de décès, bien sûr, il faudrait remplacer les ministres ponctuellement, si possible par un membre de leur famille ce qui ne serait pas très choquant en politique belge. Seule conséquence institutionnelle: il faudra supprimer le principe des élections fédérales, ce qui devrait au moins ravir les informaticiens du Ministère de l'Intérieur.

mercredi 25 juin 2014

Note De Wever : l’avis de Gaillard a été décisif

On le sait, Benoît Lutgen vit seul avec son chien, Gaillard. Le quadripède aurait eu une influence décisive sur son refus de négocier avec Bart De Wever. Nous avons pu recueillir sa réaction.
13lignes : Gaillard, pourquoi avoir dit « non » à la note?
Gaillard : Je vais être franc avec vous. Je déteste Bruxelles. Ici à Bastogne, je peux me balader sans laisse. Il n’y a pas beaucoup de trafic. Je n’ai aucune envie de passer ma vie dans la capitale.
13lignes : Quoi, c’est la seule raison ?
Gaillard : Ce n’est pas tout. J’ai entendu dire que la note de De Wever était un "chat dans un sac". Vous comprendrez bien que mon opinion vis-à-vis des chats en général ne doit pas être explicitée davantage. 13lignes : Mais vous allez bloquer le pays !
Gaillard : On verra, tout n’est pas fini. Mais pour l’instant, je préfère rester à Bastogne. Ceci dit, je ne dois pas me plaindre, ils s’occupent bien de moi au Boulevard de l’Empereur.
13lignes : Ah bon ? C’est le PS qui vous garde quand vous allez à Bruxelles ?
Gaillard : Ben oui, ils ont un meilleur service pour la garde des chiens qu’au Cdh. Et puis j’adore promener dans le parc royal avec le monsieur au nœud papillon. Il vient d’ailleurs de m’acheter une nouvelle laisse !

mardi 24 juin 2014

« On ne peut plus envoyer nos clients en Egypte »

Ce matin, j’ai entendu à la radio le représentant des tour-opérateurs en Belgique qui faisait le bilan des réservations pour juillet et août. Eh bien, le gars, il est pratiquement aussi bon en communication que le patron de Delhaize. Dans un demi-sommeil, j’ai bien entendu cette phrase. Il a dit : "On ne peut plus envoyer nos clients en Egypte". Quelle formule ! Quel bijou ! Quelle précision! En quelques mots, il arrive à faire passer toute l’image d'un secteur. Décortiquons. 1) "On ne peut plus". Ce n’est pas qu’on ne veut plus ou qu’on ne souhaite plus vous envoyer dans un pays au bord de l’explosion, non, c’est juste parce qu’on ne "peut plus" à cause d’un avis des Affaires étrangères. Autrement, on le ferait avec plaisir. Pour 500 euros All-in, si c’était autorisé, on vous enverrait en Syrie ou en Irak ! 2) "Envoyer" Quoi ? Vous pensiez que c’était vous qui partiez en vacances ? Eh bien non, c’est eux qui vous y "envoyent". 3) "Nos clients". Ah, un petit rappel toujours utile… "Nos" clients. C'est comme le politique qui dit "nos citoyens". Vous leur appartenez. Et s’ils le "pouvaient", ils "vous enverraient" dans un pays en guerre. Là où il fait beaucoup trop chaud. Car le type précise à la fin : « On fait quand même un bon chiffre d’habitude en juillet et août en Egypte ». Sous-entendu : même avec 45 degrés à l'ombre, on trouve encore des cons prêts à partir!" 

Comment distinguer Divock Origi de Romelu Lukaku ?

Si comme la plupart des Belges, vous suivez le football depuis quelques jours seulement, il n’est pas toujours facile de reconnaître les joueurs. En plus, ils ont parfois des noms étranges, car plusieurs d’entre eux sont d’origine étrangère, voire flamande. Même la Reine s’est trompée et a confondu un instant Divock Origi et Romelu Lukaku. Comment donc distinguer ces deux-là ? Pas facile. Ils ont tous les deux à peu près la même taille (Origi : 1,85 m et Lukaku : 1,91 m). Ils ont à peu près le même âge, 19 et 21 ans. Au niveau du poids, il y a peut-être une piste de différenciation. Origi serait plus chétif (75 kg) que Lukaku (100 kg). Mais le poids n’a pas toujours une influence directe sur l’aspect physique et est parfois caché dans la masse musculaire. Pas toujours évident au premier coup d’œil. Et lors de présentations officielles, on ne peut tout de même pas arriver avec une balance! Autre élément prêtant à confusion : ils sont tous les deux noirs. Et ça, pour un Blanc, cela vient compliquer encore un peu plus l’exercice car c'est bien connu, « tous les Noirs se ressemblent ». Enfin, c’est une question de point de vue... Bon, par contre, il y a un truc infaillible pour distinguer Origi de Lukaku : Origi, c’est celui qui a marqué!