jeudi 31 mai 2012

13 lignes fait un tabac

Aujourd’hui, c’est la journée mondiale sans tabac. Ça reste un grand mystère pour tout le monde cette histoire de cigarettes qui tuent. C’est vrai. On est dans l’époque du principe de précaution absolue. Quand un yaourt présente un défaut de constitution, il est directement retiré des rayons. Quand il y a un jouet qui « contiendrait une substance susceptible, à très fortes doses, d’avoir des conséquences néfastes pour la santé des enfants dans certaines circonstances particulières », on le retire du marché. Tous les jours, il y a des annonces sur des risques d’augmentation de 23% de telle maladie si on consomme tel aliment, de 39% de telle lésion si on pratique telle activité, etc.  On n’est jamais sûr à 100% de la relation de cause à effet. Mais c’est toujours le principe de précaution qui prévaut. Il n’y a qu’un truc dont on est absolument certain : le tabac tue. On le sait depuis des décennies. On a les chiffres. On peut même dire combien de personnes meurent chaque année à cause de la cigarette. Mais bizarrement, jamais personne n’a songé à faire retirer ce produit mortel du marché. Même lors de la journée mondiale sans tabac, on en vend chez le libraire du coin! Juste à côté du livre « 13 lignes » désormais disponible partout, à 15 euros. Le prix de trois paquets de clopes...

vendredi 25 mai 2012

Papy investit dans le social

13lignes: Papy! Papy ! ça va tes actions Facebook ?
Papy : Pardon ? Què vous dites ? Parlez plus fort, j’intinds plus bien…
13lignes : TES ACTIONS FACEBOOK, ça va ?
Papy : Ooooh ne m’in parlez nie’ hein ! Co’ toudi une saloperie ces histoires d’Internet !
13lignes : Tu n’as plus de Fortis ?
Papy : Comment ?
13lignes : Je dis.. tu n’as plus de FORTIS ?
Papy : Mais non ! J’ai tout vendu, le banquier m’a dit de mettre tout dans l’Internet. 

13lignes: Il t'avait conseillé Facebook?
Papy: Mais oui, c'est ça "Facebook", il m'a dit d'investir dans le réseau "social" comme on dit!
13lignes : Et l’action ne remonte plus ?
Papy : Oh mon dieu non, milliard dedju! 
Le social, le social, co' des carabistouilles comme Lernout&Hauspie, ça! Si le social rapportait quek'chose, ça se saurait hein!

La photographie sociale

Vous avez remarqué ? Ces derniers temps, toutes les photos sont carrées. Parfois avec des coins arrondis et des effets de papier déchiré sur les bords, mais carrées. Il paraît que c’est dû à un logiciel social , Instagram. Qu’est-ce qu’un logiciel « social » ? Eh bien, c’est un truc qui permet à un groupe d’individus d'exercer une activité dont ils étaient exclus avant. Par exemple, faire des belles photos. Avec Instagram, réussir une photo est devenu accessible à tous. Vous me direz : « Mais pour être un bon photographe, il faut un regard particulier, un peu de culture, le sens du graphisme, un goût pour l’harmonie des couleurs ! ». Eh bien, non ! Vous prenez l’appareil, vous cliquez n’importe où, et hop, le tour est joué. On ne voit pas toujours bien ce qu’il y a sur l’image, c’est flou, mais il y a un beau cadre et un petit effet. Les gens reconnaissent que c’est une photo sociale et donc, sont assez tolérants : « Wouaw, super cool, cette pic! ». Twitter a voulu faire la même chose pour la littérature. En limitant le format à 140 signes, il a obligé tout le monde, même les plus grands auteurs, à écrire des textes en codes et en abréviations, où la faute d’orthographe est assumée car vitale. Cela a démocratisé l’écriture. Exemple : « FF @13_lignes Je like trop ton dernier tweet #litteraturesociale ».

mardi 22 mai 2012

Palais au Maroc : Sarkozy s’explique

Chers lecteurs de 13 lignes, je ne comprends pas cette énième polémique. Il paraît que j’aurais reçu un palais au Maroc pour la naissance de Djulia ? Et même si c'était vrai! On n’a plus le droit de recevoir des cadeaux maintenant ? C’est ça le changement? Il faut culpabiliser pour tout? Et puis d’abord, pourquoi on continue à s’acharner sur moi ? C’est bon là, je ne suis plus président ! Je prends mes vacances comme tout le monde. Je suis normal. J’ai le droit de prendre du repos. Et puis qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? Que je rende le cadeau, c’est ça ? Et qu’est-ce que je vais dire à Djulia, moi, dans quinze ans ? « Si Papa avait été intelligent, on aurait pu partir en vacances dans un palais au Maroc » ? C’est ça que vous voulez comme exemple pour la jeune génération ? Des pères ratés qui n'assument pas et qui n'ont pas de palais au Maroc? Et puis, c’est quoi tous ces jaloux ? Vous m’en voulez parce que vous voudriez être à ma place, c’est ça, hein? Ben il fallait y penser avant, les gars ! Faut avoir des idées parfois ! C’est vrai, fallait y songer quand vous avez rédigé votre liste de naissance, au lieu de mettre « doudou », « bavoir » et « maxi-cosy ». Moi j’ai mis « 1 Palais au Maroc ». Faut oser, c’est tout !

lundi 21 mai 2012

L’histoire d'Internet en 13 lignes

Avant, il n’y avait pas Internet. Les ordinateurs étaient tous différents et leurs langages n’étaient pas compatibles. Puis le marché s’est structuré. Il n’y avait plus que deux gros acteurs, PC et Mac, mais ils ne communiquaient pas entre eux. Quand on est parvenu à les relier par une ligne téléphonique, on a décidé de créer un langage commun, l’HTML. Ce fut la naissance d'Internet. Cela a donné tellement d’espoirs qu’une bulle financière s’est créée. La bulle a éclaté. Et là, on a inventé le bouton "s’identifier". Les éditeurs de sites Internet se sont mis à placer ce bouton partout, afin de personnaliser toujours plus la navigation. Du coup, les sites n’étaient plus compatibles entre eux et on passait ses journées à « s’identifier ». C’était l’Internet 2.0. Alors, on a décidé de lier l'identification à la marque de l’ordinateur que l’on achète. Le marché s’est structuré. Et deux gros acteurs ont émergés. Mais ils n’étaient pas compatibles entre eux.  Ce sont les Chinois qui ont finalement créé une seule identification et un seul système pour tout le monde. Comme avant. Et c'est cette année-là que Facebook a fait faillite.

Pourquoi je quitte Facebook

C’est en voyant la photo de mariage de Mark Zuckerberg que j’ai décidé de quitter Facebook. La question me taraudait depuis un moment. Mais quand il a publié cette photo sur le réseau social, le lendemain de son introduction en Bourse, j’ai eu le déclic. Même si « 980921 personnes aiment ça », moi, ça m’a fait l’effet inverse. Je me suis dit que cette image résumait bien Facebook. Depuis des années, je suis inscrit sur le site de Mark Zuckerberg. Je lui présenté tous mes amis. J’ai écrit des bêtises, des statuts sur les bonnes ou mauvaises nouvelles de ma vie. Mon journal les retrace depuis ma naissance. J’ai tout « partagé » avec Mark. Je me suis ouvert à lui. Je lui ai montré mes photos de vacances. Il aimait ça. Je lui ai fait voir les travaux dans la maison. Il aimait ça. Je lui ai fait écouter mes musiques préférées. Il aimait ça. Je lui ai dit tout ce que je pensais sur à peu près tout. Il aimait ça. Mais là, franchement, il m’a déçu. Ah c’est donc ça, un ami Facebook ! Le gars, je lui donne tout depuis cinq ans, et maintenant qu’il a enfin rencontré l’amour (ce qui était son but initial), il revend tout sur le Nasdaq et il annonce qu’il s’est marié sans prévenir personne. Quel mépris... Il aurait pu au moins m’inviter au vin d’honneur!

La brique de trop

Faut qu’on arrête avec « Une brique dans le ventre ». C’est toujours la même émission. Ils commencent avec une baraque ultramoderne, dont le propriétaire est, comme par hasard, architecte. Dans le hall d’entrée, le présentateur évoque systématiquement « cette belle idée d’avoir ouvert sur le haut pour créer un puits de lumière ». Ensuite, on a la rengaine habituelle sur les matériaux nobles ou biologiques, parsemée d’observations pertinentes comme « ce couloir crée une circulation entre les pièces » (véridique). Puis on fait connaissance avec la femme de l’architecte qui, à chaque fois, est occupée dans la cuisine, une pièce de 40 m2 tellement propre qu'on se croirait dans un catalogue Ixina. L’épouse a le droit de dire quelques mots sur le choix des couleurs, avant l’inévitable plan sur les deux gosses blonds particulièrement sages, lisant calmement sur un canapé de 12 places. Le reportage se termine tout le temps de la même façon : la vue. Oui, les habitants d’ « Une brique dans le ventre » n’ont jamais de voisins et ont tous une vue panoramique sur la Wallonie. Mais le pire, c’est qu’après le loft bruxellois bio et la rénovation du moulin, on finit toujours par revenir sur terre avec le « truc de Robert ». Ben oui, c’est bien de rêver, mais vous allez quand même tous terminer chez Brico...

samedi 19 mai 2012

Commentaires d'Outre-Rien

Chaque année, nous remettons le « Prix international du commentaire politique le plus con ». 2012 n'est pas fini, mais le jury est unanime pour décerner la récompense tant convoitée à cette phrase, lue et entendue à maintes reprises depuis jeudi: « Le nouveau Premier ministre français Jean-Marc Ayrault parle parfaitement l’allemand, ce qui pourrait être un atout pour François Hollande dans ses relations avec Berlin ». Avouez que c’est du lourd ! D’abord, à moins que le Premier ministre ne soit désigné interprète officiel pour les sommets (auxquels il n’est d’ailleurs pas censé participer), on ne saisit pas très bien son apport. On voit mal François Hollande refuser l’oreillette et indiquer qu’il a pris son Premier avec lui pour la traduction. Et puis on n’imagine pas non plus la Chancelière déclarer : « Vous avez un Premier ministre qui parle allemand ? Ah mais ça change tout ça ! Nous allons fermer Audi et rouler uniquement en Citroën DS5 désormais… » Non sérieusement, la politique internationale, c’est compliqué. Quand on entend des journalistes de haut vol faire un tel commentaire, on se sent un peu lésé. Et même si c’était pertinent, ce que Jean-Marc « Ayrault » gagne en image côté germanique, il le perd dans les pays arabophones.

Comment écrire un long texte avec une tablette?

Voilà. C'est mon premier billet écrit avec une "tablette". C'est marrant l'informatique. Tous les cinq ans, il y a un nouveau truc qui sort. Et il faut tout réapprendre. Par exemple, apprendre à écrire. Avant, on écrivait à la main avec de l'encre sur le bout du doigt. Puis ils ont inventé le stylo à billes qui s'est démocratisé grâce à Bic, Gérard Bic. Une révolution. Ensuite, il y a eu la sténo, puis le clavier. Avec la tablette, on a fait marche arrière. On écrit à nouveau avec le doigt. Ce n'est pas très pratique et ça salit l'écran. Alors ils ont réinventé le stylo, appelé désormais "stylet". Comme ce n'était pas très précis, on a ressorti le clavier. D'ailleurs, au magasin, on m'a dit: "Si vous écrivez des longs textes, je vous conseille d'acheter ce clavier en accessoire." Oui, en informatique, 13 lignes, c'est un long texte. Et c'est vrai que ça va beaucoup mieux avec un clavier. C'est dingue, ces changements permanents. Regardez l'alimentation par exemple. Depuis l'invention du couteau et de la fourchette, plus personne n'a remis en question l'expérience ergonomique du repas. On n'a pas tout-à-coup décidé de remanger avec les doigts! Eh bien, en informatique, si. C'est pour ça qu'on trouve des couverts sur les listes de mariage, mais jamais d'ordinateurs.
 

Faceboorse

C’est pas une blague : Facebook est entré en bourse. J’aurais adoré voir la tête du vieux pensionné américain qui demande des précisions à la séance d’information : "Mais c’est quoi Facebook ?" Et entendre la réponse gênée du Investor relations officer: "Eh bien, c’est une sorte d’immense carnet d’adresse dans lequel personne ne veut laisser son adresse, mais qui vaut des milliards de dollars !". "Est-ce que Facebook existera toujours dans cinq ans ? On ne peut pas le dire avec certitude." Tiens, rien que d’y penser, j’ai envie d’y placer toutes mes économies. Il y a aussi les phrases qui tuent, comme "Facebook est en 2012 ce que Yahoo était en 1998". Ah bon. Et c’est quoi Yahoo ? Allons, ne soyons pas trop pessimistes. C’est vrai que Facebook est une mine d’informations sur les centres d’intérêts de près d’un milliard d’individus. D’après les statistiques, les sujets les plus courus sont "Bon anniversaire !", "Poke" et bien sûr, la page officielle de 13lignes. Et puis, réjouissons-nous, c’est la première fois que des boursicoteurs investissent en masse dans le social. Mais tout de même, la valorisation boursière du réseau de Mark Zuckerberg risque d’être à l’image du nombre d’amis virtuels: tu crois que tu en as des centaines, mais en fait, t’en as que trois ou quatre.